Mario FERRISI

Voici deux de mes poèmes écrits il y a bien deux decennies que je vous propose dans un habit singulier... une présentation "patinée à l'ancienne" , peut-être pour rompre avec la froide monotonie qu'engendre l'impression numérique.

 

 


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Jean ESPARBIE

Balade

Dans l’hiver sans amour, notre monde frissonne
Meurtri des mille maux dont un seul suffira
À saint Jean d’emboucher la trompette qui sonne
L’horrible fin des ans que rien n’adoucira.

Sur un banc du hameau, rompus par la vieillesse,
Quatre hommes retraités évoquent les vigueurs
Des élans d’autrefois dans la simple jeunesse
Où les rares bonheurs supplantaient les rigueurs.

Sous un ample fichu, une femme fredonne
Quelque chanson du temps afin d’agrémenter
La balade du jour car le ciel couvert donne,
Dans les esprits troublés, cause à se lamenter.

Les enfants dans la cour jouent tous à pigeon vole
Avant d’enregistrer maintes réalités
Des enseignants rompus aux logiques d’école
Ceci selon leur goût, avec capacités.

À son jardin Coco affirme à un intime  :
«  L’argent des derniers gels le sol engraissera
Et aussi chassera cette sale vermine
Résistante aux produits dont on se passera.  »

Une fille à grands pas dévale la clairière
Derrière un beau chien excité par l’odeur
D’un animal sorti d’une proche tanière
Pour chercher à manger sans la peur d’un rôdeur.

Je vais sur le chemin dans la vaste campagne
Loin des murs restaurés par Viollet-le-Duc.
Je rencontre un voisin flanqué d’une compagne
Surpris, me disent-ils, du vol d’un petit duc.

En bande des corbeaux sous un sapin ripaillent
Des reliefs d’un festin, là je ne sais comment.
Ils semblent d’après moi à ces meneurs qui braillent
Heureux des malheureux brisés aveuglément.

À mes pieds un chat noir demande une caresse
Et ses ronronnements bouleversent les sens
Jusqu’à me rappeler la plus mince tendresse
Absente parmi ceux pris par divers encens.

Abrité d’un fourré, près d’une bâche jaune
Un jeune vagabond se figure danseur.
Au chant du miséreux  :  «  Tant pis ce qu’en vaut l’aune  !  »
S’exclamerait Crésus à côté d’un censeur.

Dans le velours grenat, je crois ressentir l’âme
Défendre des souhaits semés tels des cailloux
Sur la route des cieux pour éviter le drame
D’un grave égarement dont naîtraient ses courroux.

À midi l’angélus m’éveille dans la plaine
Le besoin d’accepter le terme du parcours
Et d’entrer à nouveau sans la moindre fredaine
Dans mon rôle d’humain enrichi des détours.

Guy PUJOL

Tous les poèmes et écrits sur :

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Evelyne GENIQUE

La musique des mots

Écrire un texte,
Et le mettre en musique
Par la sonorité des mots,
Avec la finalité de la création
Du rythme,
De la mélodie,
Mais aussi du sens.

Découvrir les sons,
Les vibrations
Qui nous entourent,
Qui composent notre monde,
Qui touchent notre cœur.

Créer une inoubliable mélodie,
Y ajouter des accords
Qui la transforment
En symphonie.

Mon esprit vagabonde...
Que faire ?
Je suis envoûtée,
Par cette somptueuse
Musique littéraire.

Rêvons ensemble!