Mario FERRISI
Recueil de 238 poèmes inédits - publié en juin 2026

Extraits

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Jean ESPARBIE
Louis
Le vent rageur hurlait dans la montagne verte
Et couvrait du pollen qu’il volait au printemps
Les proches rassemblés devant la tombe ouverte
Où l’on enfermerait un passager du temps.
La mère à ses côtés, il partit vers la France
Avec la Liberté puis la Fraternité
Pour tous les Espagnols qui espéraient la chance
D’effacer leur malheur parmi l’Égalité.
À jamais il comprit l’horreur des dictatures
Par tout autre Néron du monde en plein tourment
À cause du « Führer » dont l’ampleur d’aventures
Assombrissait déjà l’éclatant firmament.
Il fallait exister, abandonner l’école
En dépit du désir d’apprendre toujours mieux ;
Il se fit le valet d’un domaine agricole,
Supporta le labeur dans un semblant joyeux.
À peine plus avant, à cent mètres sous terre
Il devint un mineur tel les Gaulois-Romains,
Sortit les minerais du plomb argentifère,
S’efforça d’escompter des meilleurs lendemains.
Les trouva-t-il enfin dans les transports scolaires
À bord d’un autobus dans lequel les enfants
Heureux comme des rois, les visages solaires,
Chantaient les ans nouveaux augurés triomphants.
À l’âge où sur la croix le Christ offrit son âme,
Polymnie écouta le poète inspiré
Qui par alexandrins savait dire le drame
Dans la Retirada du peuple déchiré.
Dès lors il écrivit chaque jour des poèmes
Tirés du fond du cœur maintes fois dépité
Selon ce qu’il sentait des multiples carêmes
Des pauvres emprisonnés dans la modernité.
Il s’en prit volontiers à l’affreuse vipère
D’un quelconque pays qui voulait conquérir
Pour sa gloire un État, au demeurant prospère,
Dont la paix resterait l’objectif à chérir.
À l’infini des cieux, il quémanda d’un ange
La plumule d’amour d’un charmant oisillon
Et compose les mots du bonheur à la frange
Du passé recouvert dans son profond sillon.
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